Le curage du lac d'Orgeix enfin commencé
Depuis des années on parlait de désenvaser le lac de Campauleil, plus connu sous le nom de lac d'Orgeix. Un site magnifique à deux pas d'Ax-les -Thermes, rehaussé par la présence d'un château, méritait mieux que de finir en marécage nauséabond. Au fil des années les sédiments s'étaient accumulés dans la retenue, contre le barrage EDF. Pas question d'ouvrir les vannes, sinon c'était la catastrophe écologique dans la rivière jusqu'à Ax et au-delà ; des tonnes de sédiments auraient colmaté le lit aval de l'Oriège qui alimente et traverse la retenue puis l'Ariège. Gérard Bergé, maire d'Orgeix se souvient de la crue de novembre 1982 : « C'était une crue énorme qui a comblé les quatre-cinquièmes du lac d'un seul coup. Il faut dire qu'au fond du lac il y a une digue immergée ; elle a retenu tous les matériaux amenés par le courant, et en aval s'est formé un remous où la vase s'est accumulée. Sous le pont, le niveau des gravats et des branches cassées a monté de quatre ou cinq mètres. »
TROUVER UNE SOLUTION
Au fil du temps la vase a fini par affleurer la surface de l'eau. « C'était un beau lac, c'est un marécage » titrait « La Dépêche du Midi » du 18 août 2004. Notre correspondant Claude Gasc donnait la parole au député Bonrepaux qui jugeait urgent de désenvaser le lac : « Les pêcheurs et les touristes se plaignent. Les poissons ne s'épanouissent plus et le cadre perd une grande partie de son charme. J'ai souvent, et je ne suis pas le seul, écrit à EDF… peine perdue, lettre morte. Cette situation devient intolérable, notamment en raison du danger que représente les promenades sur le lac… » Daniel Géraud chef du groupement de production du Teich répondait pour EDF qu'une étude était en cours, une solution technique était retenue, restait à définir une exploitation qui pérenniserait le désenvasement. Aujourd'hui après concertation entre EDF, pêcheurs et élus, le désenvasement démarre. EDF abaisse le niveau d'eau depuis hier. L'eau baissera de deux mètres, et la préfecture autorise un curage par pelle mécanique de 5 000 m3 de sédiments entre le 18 et le 29 septembre. Naturellement le chantier est interdit au public par mesure de sécurité jusqu'au début octobre. Des études hydro-biologiques contrôleront le déroulement des opérations. Enfin on est sur la bonne voie.
art la depeche du midi
http://www.ladepeche.com/aff_art.asp?ref=200609011287