|
JFB
|
 |
« le: 06-09-2005 - 00:47:31 » |
|
Cette année la, mes congés se terminaient début septembre. Comme il se doit, j'étais donc aller taquiner dame fario dans le 09. Une bonne heure avant la tombée de la nuit, il ne me restait plus qu'à redescendre rapidement à la voiture avant de n'y voir plus rien. Arrivé à ce cher véhicule, une terrible idée se mit à germer au plus profond du dedans de moi-même...J'avais soif ! Farpaitement !Et pas d'eau s'il vous plaît... Je décidais donc de m'arrêter dans le bistrot du plus proche village, histoire d'y goûter la mousse pression locale, comme tout être un tant soit peu civilisé. Ma bière bien servie au comptoir, je siroptais tranquillement quand...un hurluberlu fit une rentrée fracassante en se vautrant lamentablement au passage de la porte, dans un éclat de rire général, sauf le mien. Je me précipitais pour l'aider à se relever, et je m'aperçu alors que le lascar était connu de la clientèle et du patron...vu son état, cela semblait logique ! Le gazié en question devait revenir de la montagne, (comme moi d'ailleurs) au vu de ses godasses. Son haleine était plus proche d'un bidet anisé que d'un être humain... C'est alors que s'accrochant à moi, il me dit, moitié occitan, moitié espagnol, moitié français; (oui je sais ça fait 3 moitiés, et alors?) "Ici, ils se foutent tous de moi ! Et bien, viens avec moi à ma voiture, comme ça tu seras le seul à voir ! Et ces couillons je leur donnerai rien !" Tout le bistrot avait entendu, et ria de plus belle. Je pensais personnellement qu'il valait mieux qu'il aille dormir dans son véhicule, et je laisserai les clefs au patron... Son taxi était en fait une bétaillère, remplie de...cèpes ! 100kgs ? 200kgs ? Impossible à savoir, j'avais jamais vu un truc pareil… "Combien y'en a ?" Lui demandais-je. "T'occupes, c'est pas le mieux !" me dit-il, viens voir devant...Je le tenais par le bras afin d'éviter un 2eme espataras. Il ouvrit la porte passager, et sur le siège…un cèpe géant, un tête de nègre à en faire pâlir n’importe quel béret de chasseur alpin ! Il sorti de sa poche un mètre de maçon, et hop ! 54 cm de diamètre ! Pas de vers, le camparol parfait ! Jamais vu ça non-plus ! « Je vais t’en donner quelques-uns, ouvre le sac qui est là , et les autres ils auront nada ! » C’était un sac de patanes, je refusais poliment, mais ça l’énervait ! J’ai donc rempli le sac à ras-bord. « Et maintenant, aide-moi à monter, je suis fatigué… » Tu m’étonnes ! Tant bien que mal, je l’ai allongé sur le siège passager. « Adiou ! » me dit t-il en me tendant la main. « Adiou, et reposes-toi bien, » Je le laissais ronfler.
Je ne suis pas retourné dans le bistrot terminer ma pression. Je n’en avais plus envie, car ça riait encore à l’intérieur. Je n’y retournerai d’ailleurs jamais. Tout le monde se foutait du poivrot-bouffon local, le patron en tête ! Et bien, pas moi…Tout aussi bourré qu’il était, cet homme savait ce qu’il disait. Et il a joint les actes à la parole. J’ai aussi appris une chose de plus, ce soir là . Un peu d’aide, ça ne coûte rien, la preuve !
JEFF
|