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JFB
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« le: 28-08-2006 - 22:43:04 » |
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Marius… c’est vrai que le prénom fait plutôt marseillais, mais pourtant Marius était bien des Pyrénées , d’un village dans le pays de sault. Terrible joueur de belote, ce qui ne l’avait pas empêché d’être capot avec un carré d’as. Faut dire qu’en face, y’avait de fins lascars ! C’était un bon vivant, maniant l’occitan comme personne. Avec sa vieille mobylette, il aimait aller en forêt , s’asseoir au pied d’un sapin, (chez nous c’est pas ce qui manque) et laisser le temps au temps… Arrivé sur son lieu de méditation, il aimait bien aussi s’en griller une…on sait vivre ! C’est alors que sortant la boite d’allumettes de sa poche, il s’aperçut qu’il n’en restait plus qu’une… Macarel, faut pas la louper ! Comme il y avait un peu de vent, il fit un large abri avec l’intérieur de sa veste, ainsi ce maudit marin ne l’éteindrait pas. « Ne pas la louper, ne pas la louper ! » Cette phrase résonnait dans sa tête, un peu comme la prière chez les grenouilles de bénitier… Hop, un coup sec, et le souffre s’illumine ! Portant ce précieux trophée vers son visage, il comprit alors qu’il avait oublié…de rouler la cigarette ! « Milledious de macarel de Dious ! Il faut m’en revenir au village chercher une boite ! » Ce qu’il fit sur le champ. Cinq minutes de mobylette, ce n’est pas la mer à boire. «Cette fois ci, je v’ai pouvoir la fumer, cette cigarette » ce disait-il , je la roulerai d’abord, et avec des allumettes neuves, ça va marcher ! Revenu sur son premier méfait, il se roula une superbe grise des familles, de toute beauté…plus rien à fiche du vent, la boite est pleine ! La première allumette craqua, mais s’éteignit aussitôt… Idem pour la deuxième, pour la troisième, la quatrième, cinquième, jusqu’à la dernière qu’il n’a pas gratté, désirant la garder comme preuve à conviction…auprès du buraliste, il pourrait raisonnablement dire : « Tes allumettes, c’est de la m….e ! Elle m’ont fusillé le grattoir !» Revenu à toute vitesse vers le village direction le bureau de tabac, il fit une pointe de vitesse extraordinaire, poussant sa pétarelle (fumante) à 20 km/h sur le chemin caillouteux, la cigarette au bec(qui elle, ne l’était pas !) « M’en va lui dire, moi, à cet enfileur de marchand de blagues, que ses allumettes, je me les… » Il était philosophe, le Marius ! « Ah tu as bonne mine, espèce de charlatan, de vendre des s…..ies pareilles ! Toute la boite y est passée, impossible d’allumer ma cigarette ! » Le marchand de blagues (pour le tabac mais aussi pour rire) s’esclaffa en voyant la mine déconfite de notre infortuné Marius. « Eh bé, tu n’y est pas arrivé avec la boite pleine ? Tiens, j’ai un briquet… - Je ne veux pas la fumer ici, mais sous mon sapin ! - Mais prends le, je te le donne ! - Je n’en veux pas, tu comprends rien ! Je veux fumer MA cigarette sous MON sapin, avec MES allumettes, et je n’ai pas besoin de toi ! Donnes-moi une autre boite ! -Tiens, en voici deux, bougre de bourrut ! On sait jamais… » C’était vraiment une idée fixe, un peu comme le chien d’Astérix. Et notre héros reparti sur son engin toujours plus fumant que son tabac, direction le sapin. C’était un engin (pardonnez-moi) du feu de Dieu, si je puis me permettre, le buraliste l’avait compris en lui criant : « Tu as le feu aux fesses ? » histoire d’en rajouter une… Marius fonçait tête baissée, ne regardant pas plus que loin que la roue avant dudit cyclomoteur. Il avait le feu sacré ! Tous les feux étaient au vert, aucun de rouge, il fonçait ! « Doucement,-lui lança encore le marchand de blagues,- il n’y a pas le feu ! » Car si la soif du terrassier est très connue, l’envie d’en griller une de Marius l’était encore plus ! « Macarel, ça va fumer ! » Il ne croyait pas si bien dire… Heureusement que les radars n’existaient pas, car l’engin devenu invisible à cause de la cheminée géante représentée par le pot d’échappement, devait à présent largement atteindre le 25 km/h. Ne relevant pas la tête, tel un coureur de grand prix, les flammes du un cylindre en ligne composant le moteur du puissant deux roues, propulsaient notre Marius vers son sapin chéri. Rien ne pouvait plus l’arrêter… Et pourtant… Redressant enfin l’échine pour prendre le petit chemin, un terrible freinage lui fit fumer les pneus avant de l’expédier cul par dessus tête ! C’est que vous comprenez, ce freinage n’était pas innocent…la montagne était en feu ! Le foyer avait démarré au pied d’un sapin, juste à l’endroit où il n’avait pas pu allumer sa cigarette…une allumette récalcitrante avait du y prendre vie. Complètement affolé, nouveau demi-tour vers le village, mais cette fois-ci, 30 km/h ! « Y y y y a le feu ! »–dit il au buraliste, qui faisait parti des pompiers bénévoles. « Et bien, tu l’as allumé enfin cette cigarette, Marius ! -Que que que non, il y a le feu ! -C’est vrai que ta pétarelle sent le brûlé ! -Mais n n n n non, bougre de pinjarol, y y y y y’a le feu à la montagne ! » En effet, une fumée se dégageait en direction de la forêt, à moins de 2 km du village.
La suite fut simple, pompiers, lances incendie, et le feu fut assez rapidement maîtrisé. Marius n’avait toujours pas allumé sa cigarette. « Et pourtant, tu avais de quoi ! » lui dit après coup le marchand de blagues.
Et comble de l’ironie, Marius s’arrêta de fumer définitivement, jusqu’à sa mort. Il aimait trop la forêt ! Sans avoir pu savourer sa dernière cigarette, auprès de son cher sapin…ce qui lui valut d’extraordinaires moments à raconter cette histoire en occitan aux jeunes…dont je faisais parti !
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