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fred
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« Répondre #1 le: 04-01-2006 - 10:31:26 » |
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une autre
La chanson de Roland Roland a mis l'olifant à sa bouche ; L'enfonce bien, sonne avec grande force. Hauts sont les monts et la voix porte loin : A trente lieues se répète l'écho. Charles l'entend et tous ses compagnons. Le roi dit "Nos hommes livrent bataille !" Répond Ganelon : "Qu'un autre l'eût dit, Ces paroles sembleraient grand mensonges". Roland, à grand-peine et à grand effort, A grande douleur, sonne l'olifant. Et de sa bouche jaillit le sang clair, Et de son crâne la tempe se rompt. Du cor qu'il tient, le son porte fort loin : Charles l'entend, lui qui passe les ports. N'aimes ( ?) l'entend avec tous les Français. Le roi dit "J'entends le cor de Roland. N'en sonnerait, s'il ne livrait bataille." Répond Ganelon : "De bataille, point ! Vous êtes vieux, tout fleuri et tout blanc : Par vos paroles semblez un enfant. Vous savez le grand orgueil de Roland : C'est merveille que Dieu le souffre encore ... Pour un seul lièvre, il va sonnant du cor ; Devant ses pairs doit encor s'amuser... Comte Roland à la bouche sanglante. De son crâne la tempe s'est rompue. Sonne l'olifant à grande douleur. Charles l'entend et ses Français l'entendent. Le roi dit : "Ce cor a bien longue haleine !" Répond N'aimes : "Un baron y prend peine ! C'est bien une bataille, j'en suis sûr. L'a trahi, qui vous en veut détourner. Armez-vous et criez le ralliement Et secourez votre noble maison : Assez oyez que Roland se lamente !"
L'empereur sitôt fait sonner ses cors. Les Français mettent pieds à terre et s'arment De hauberts, heaumes, épées ornées d'or. Ont des écus, de grands et forts épieux, Des gonfanons blancs et vermeils et bleus. Tous les barons montent leurs destriers . Éperonnent au long des défilés. D'eux tous, pas un seul qui ne dise à l'autre : "Si nous voyions Roland encore vivant, Avec lui nous donnerions de grands coups." Mais à quoi bon ? Ils ont trop attendu. Roland repart, pour parcourir le champ. Son compagnon Olivier il retrouve. Contre son c½ur étroitement le serre. Comme il peut, il revient vers l'archevêque. Sur un écu il étend Olivier, Et l'archevêque le signe et l'absolu. Lors redoublent le deuil et la pitié ; Roland dit : "Beau compagnon Olivier, Olivier, étiez fils du duc Renier Qui tient la marche du val de Runers Pour rompre lance et briser les écus, Pour vaincre et abattre les insolents, Soutenir, conseiller les hommes sages. Pour les malfaisants vaincre et écraser, En nul lieu ne fut meilleur chevalier." Le comte Roland, quand voit ses pairs morts, Parmi eux, Olivier qu'il aimait tant, S'en trouve ému et se met a pleurer. Son visage a perdu toute couleur. Si grand son deuil qu'il ne peut rester droit ; Le veuille ou non, tombe à terre, pâmé. Turpin (l'archevêque) dit : "Baron, c'est pitié de vous !" L'archevêque, quand vit Roland pâmé, Ressent de sa vie la plus grande douleur, Il étend la main et prend l'olifant. A Roncevaux se rencontre une eau vive : Veut y aller, en donner à Roland. A petits pas il s'en va chancelant, Mais est si faible qu'il ne peut avancer ; Force lui manque, trop a perdu de sang ; Avant qu'il ait pu franchir un arpent, Tombe, défaille, la tête en avant, Et le gagne sa mort par dure angoisse. Comte Roland revient de pâmoison. Se dressent debout mais a grand douleur. Regarde en aval, regarde en amont, Sur l'herbe verte, auprès ses compagnons, Il voit là gisant le noble baron, L'archevêque, représentant de Dieu, Qui crie sa coulpe ; il a levé les yeux ; Vers le ciel a tendu ses mains jointes, Prie Dieu qu'il lui donne le paradis. Voici mort Turpin, le guerrier de Charles, Par grandes batailles et par beaux sermons, Contre les païens il fut son champion, Dieu lui ait sainte bénédiction...
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