Je me souviens de cet instant divin,
En ce doux et brumeux matin Pyrénéen,
Où je découvrais le rythme de la vie,
Laissant mes pas me guider vers l’infini...
La nature faisant son merveilleux labeur,
La terre féconde se réveillait de sa torpeur...
Je me promenais sous les grands châtaigniers,
Et les bogues éclataient sous mes pieds,
En un craquement sonore et bruyant,
Se répercutant dans le silence ambiant...
Les fleurs ouvraient leurs calices vermeils,
En souriant aux premiers rayons du soleil...
Des senteurs de champignons, de fougères
De mousse, de noisettes et de primevères,
Subrepticement m’enveloppaient et me grisaient,
Et tel un oiseau ivre d’amour je m’envolais,
Par delà mes souvenirs et mes espérances,
Retrouvant le berceau de mon enfance...
Je tournoyais au dessus des pics majestueux,
Me roulant dans les névés immaculés et mystérieux...
Je survolais les vals secrets et verdoyants,
Où les ruisseaux lançaient des éclairs d’argents...
Je frôlais la cime des arbres où le vent s’engouffrait,
Faisant courber l’échine de la forêt qui gémissait...
Je tournais et virevoltais totalement en symbiose,
Dans la tiédeur de cet aurore aux doigts de rose,
Et je voyais dans ce tableau du peintre de l’univers,
Se profiler l’accord parfait du ciel et de la terre...
Les yeux fermés je me laissais aller à mes pensées,
Bercée par le murmure du temps que je venais d’arrêter...
A cette heure matinale où s’éveillait la vie,
La forêt devenait une éternelle symphonie...
Ô, moun païs, qué t’aymi tant…
Bambou - Octobre 2004
[/font][/color][/b]